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INTERVIEW DE BERNARD COSSET,  PAREUR  NATUREL.

Qu'est-ce que le " parage au naturel " ?

C'est un parage qui permet au cheval de vivre normalement et sans fers en reproduisant l'usure naturelle du sabot d'un cheval sauvage. Les conditions de vie de nos chevaux ne permettent pas une usure correcte de la corne (terrains herbeux, paddocks, carrières, box…), ils ne bougent pas comme ils devraient le faire dans la nature pour trouver des pâturages.
Le rôle du pareur est de compenser ce manque de mouvement et de maintenir le pied dans l'état où il serait si nous n'étions pas obligés de restreindre leur espace vital.
Maintenant le sabot

Quelle différence y-a-t-il entre un parage avant ferrage et un parage au naturel ?

Il est énorme. Le 1er prépare le pied à recevoir le fer, le parage au naturel permet au pied de remplir sa fonction.
Le pied doit être en contact avec le sol, tout le pied, pas seulement l'ongle. Le pied contribue à la bonne circulation sanguine, chaque fois que le cheval pose un pied par terre, le sang est propulsé vers le haut. La fourchette joue son rôle de pompe qui renvoie le sang jusqu'au cœur.
Dans son organisme, tout se passe comme si le cheval avait 5 cœurs. Le cœur normal du cheval + 4 auxiliaires (1 à chaque extrémité des membres). Et c'est grâce à ces " 5 cœurs " que les toxines sont éliminées et que le cheval est sain.

Pourquoi parer un cheval si le naturel suffit ?

C'est essentiel pour maintenir l'équilibre du pied. Il ne faut pas oublier que les conditions de vie de nos chevaux ont terriblement changé, ils ne peuvent plus entretenir leurs pieds seuls et les sabots prennent des formes anarchiques et handicapantes. Si en plus, nous ajoutons notre poids dessus, les dégâts physiologiques seront énormes (articulations, tendons, ligaments, muscles).
Le parage au naturel est une technique qui respecte les aplombs naturels du cheval, sans se baser sur un modèle unique idéal.
Au départ, j'observe les pieds et membres. Je m'assure que chaque cheval est paré comme il doit l'être selon ses aplombs naturels, je veille à maintenir le sabot court et arrondi pour que la corne ne s'abime pas.

Peut-on monter un cheval paré de cette façon ?

Absolument. Le parage au naturel permet de faire longues balades et randonnées sans que le cheval ressente de stress dû à la douleur. Nos chevaux sont tous pieds nus et randonnent sans problème des heures durant.
(voir rubrique NOS CHEVAUX).

Quand mon cheval se déferre, il craint terriblement et je doute qu'il supporte de vivre pieds nus.

Détrompez-vous. Il est bien normal qu'après des années de pied surhaussé, votre cheval soit très sensible lorsqu'accidentellement, il se retrouve sur sa paroi et sa sole. Cependant, vous serez étonné de constater qu'au bout de quelque temps, avec un parage approprié et progressif, la sole s'épaissit, devient dure et saine, la pourriture au niveau de la fourchette et de la ligne blanche disparaît, la corne prend de la qualité et finalement, votre cheval peut vivre pieds nus. Finis les onguents, les fluides, les crèmes ; le sabot revit naturellement et ça se voit.

Le pareur doit-il intervenir souvent ? Dois-je payer chaque fois ?

Dans nos régions, le sabot doit être entretenu régulièrement car nos prés n'usent pas la corne. Il est essentiel d' intervenir très souvent si on monte. Je viens 1 fois / mois en entretien, plus souvent dans certains cas. C'est au moins 2 fois plus qu'un maréchal. Cela permet de vérifier régulièrement l'état du sabot, d'éliminer toutes traces de pourriture et de rectifier les aplombs. Vous êtes assuré d'avoir un cheval toujours impeccable. Quelle que soit la fréquence d'intervention, dans le cas d'un cheval de selle, le tarif est le même puisque je propose un forfait pour 2 mois. Vous n'avez rien à faire, je passe régulièrement m'occuper des sabots de votre cheval et vous ne payez que tous les 2 mois. Vous pouvez aussi opter pour un parage ponctuel pour un équidé qui ne travaille pas. (Voir tarifs).

En combien de temps un cheval peut-il se sentir à l'aise pieds nus ?

Cela dépend des sujets, de l'âge, de la qualité initiale de la corne et des conditions de vie. Nous avons été stupéfaits de constater que notre cheval de 4 ans s'est immédiatement adapté. Un autre qui a 12 ans, des pieds serrés et une corne moyenne n'a mis que 15 jours et ils sont tous les 2 montés en extérieur. Le plus spectaculaire, c'est de voir comment la corne a évolué en très peu de temps : tout est nickel ! (voir rubrique NOS CHEVAUX).

Quels conseils donneriez-vous à un cavalier qui choisit le parage au naturel ?

  Dans un 1er temps, laissez le cheval s'habituer à poser tout son pied par terre.
Mais très vite, proposez-lui des terrains variés pour que son pied s'endurcisse.
Un excellent moyen est d'empierrer une partie de son territoire sur lequel il est obligé de passer.
A la  maison, nous les incitons à marcher le plus possible : l'endroit où ils mangent est à l'opposé d'où ils boivent. Pour aller dans leur pâture, ils doivent prendre un " couloir " de terrain dur.
  Employez toutes les astuces pour qu'ils bougent !
Les 1ères balades sont un peu précautionneuses mais en quelques sorties, le cheval marche sans appréhension.
C'est plutôt nous qui guettons le moindre petit signe de douleur. Ma femme avait même acheté des easy boots pour faire la transition mais ne s'en est pas servi. Ils sont à vendre… tous neufs…

Avez-vous constaté des changements de comportement chez vos chevaux depuis qu'ils n'ont plus de fers ?

Oui, un changement radical.
Eux qui étaient plutôt impatients, voir querelleurs se sont calmés. Ils étaient voraces, je les trouve très sobres.
Ils passaient leur temps à piétiner devant la clôture, attendant je ne sais quoi, ils broutent maintenant au fond du pré, apaisés.
Et ça ne se passe pas que chez nous !

Pouvez-vous m'expliquer comment vous en êtes venu au parage au naturel ?

C'est une longue et triste histoire. J'ai au départ une formation de maréchal, même si ensuite, j'ai choisi un tout autre métier. J'ai cependant toujours assuré moi-même l'entretien des sabots de nos chevaux (ferrés, hélas !). Et puis, un jour, la catastrophe est arrivée : notre cheval adoré a fait une fourbure avec basculement de la 3ème phalange. La position typique de la fourbure n'est arrivée que 3 jours après une légère boiterie qui nous faisait vérifier les pieds plusieurs fois/jour.
Pendant 2 mois 1/2, nous l'avons soigné sans relâche mais rien n'arrêtait la progression du mal (peu de gens savent que la fourbure est une maladie extrêmement grave).  La phalange a perforé la sole, la boîte corne s'est détachée, trop de temps passé couché a endommagé ses muscles et nous avons dû le faire euthanasier.
Ca fait réfléchir, chercher, fouiller le sujet.
Il ne mangeait pas de grains, ni de granulés, avait une vie libre avec ses congénères, travaillait régulièrement sans surmenage, ne prenait pas de médicaments, il restait……… la ferrure.
Mes recherches sur la fourbure m'ont toutes mené aux problèmes que cause la ferrure sur la santé du cheval. J'ai lu des pages de théories, de témoignages, d'explications, peu convaincu, je l'avoue, dans un 1er temps. Autant demander à un boucher de devenir végétarien !!! 
Pour moi, un cheval non ferré était synonyme de " cheval négligé " et si la ferrure avait été inventée, c'est qu'elle était essentielle. C'est très dur d'admettre que nous avons tort de penser qu'un cheval ne peut pas vivre sans fers. Et pourtant …
J'ai décidé de partir en stage pour en savoir plus et c'est devenu limpide, évident. J'ai donc entamé une réelle formation auprès d'un homme, Pierre ENOFF,  ingénieur en biomécanique équine, dont les chevaux sont pieds nus depuis 30 ans dans la montagne (autant dire dans les rochers !), emmènent les gens en balade, font la transhumance, randonnent ! Et j'ai vu que OUI, c'est possible de ne pas ferrer nos chevaux et de les monter !

Vous ne pouvez quand même pas renier 5 siècles de ferrage.

Notre vie moderne n'utilise le cheval que pour les loisirs. Fini le temps où le cheval trimait pour nous de l'aube à l'aurore. La plupart des particuliers se baladent le weekend, au mieux, quelques heures par jour. Un emploi du temps pour lequel le sabot naturel est largement suffisant et qui ne justifie en rien le recours au ferrage.
Celui-ci a été imaginé pour faire de nos chevaux un outil disponible à la demande, corvéable à merci ; ce n'est plus le cas et il est temps que nous rendions justice à ces êtres merveilleux. La ferrure a certainement été un " mal nécessaire " (du point de vue de l'homme) mais de nos jours, qui peut affirmer que le cheval vit mieux avec un fer posé sur son ongle ? L'ongle  n'est pas fait pour porter le poids du cheval, l'ongle est destiné à protéger le pied, il sert de pare-choc aux tissus vivants.
Rendons-leur leurs pieds ! Laissons-les retrouver le contact des sols ! Permettons-leur de vivre longtemps et en bonne santé !

Quels sont les problèmes créés par la ferrure ?

Ils sont multiples. Ne pas poser la fourchette sur le sol réduit la circulation sanguine, empêchant de ce fait l'élimination correcte des toxines. Ceci entraîne un panel d'affections qui se manifestent différemment selon les sujets. Pourriture de la fourchette, de la ligne blanche et de la sole, fourbure, déséquilibre du métabolisme, infections, problèmes cardiaques, respiratoires, rénaux, troubles du comportement…
Le fait de porter du fer aux pieds n'est pas anodin. Les vibrations endommagent le tissu vivant. Transmises dans les os et les muscles à chaque foulée, elles provoquent des douleurs musculaires, des tendinites, des lésions articulaires très graves et irréversibles (voir rubrique NOS CHEVAUX).
Le ferrage à chaud brûle les tissus vivants, sépare progressivement le pied de sa paroi.  Les clous sont autant de portes ouvertes aux bactéries, aux infections. Voilà pourquoi les chevaux sont légions à souffrir d'affections diverses du pied  qui ne sont que la partie visible des dommages causés à leur organisme tout entier.
Et comme on ferre dès le plus jeune âge, on empêche la boîte cornée de se développer normalement, la croissance du pied est interrompue. Tout se contracte, rien n'est plus en position normale, les talons sont serrés, ne peuvent pas absorber les chocs en s'écartant comme ceux d'un cheval sauvage. A l'intérieur, tout est contracté également. Pour peu que le ferrage ait été réalisé après un parage approximatif (talons trop haut, trop bas, équilibre non respecté…), le cheval court de graves dangers : sciatiques, déplacements de vertèbres, basculement de la 3ème phalange, de l'os naviculaire., fracture…  A terme, le cheval ne peut plus être monté.

Quels avantages y a-t-il à laisser son cheval pieds nus ?

> Pour sa santé, bien sûr.
Votre cheval a toutes les chances de vivre très, très vieux et en pleine forme.
> Pour son bien-être.
Il vit tel que la nature l'a prévu et non pas estropié par des équipements qui n'arrangent que l'homme.
> Pour la qualité de sa corne.
Le pied est sain, solide sans pourriture, il remplit pleinement sa fonction.
> Pour sa sécurité.
Un cheval non ferré glisse moins sur les surfaces conçues par l'homme (ciment, macadam, pavés…).
Les risques de se blesser lui-même les membres sont beaucoup moins élevés.
> Pour votre sécurité et celle des autres.
S'il vous marche sur le pied, s'il tape, ça fera nettement moins de mal sans fers !!!

Vos chevaux étaient ferrés avant. Racontez-nous le déferrage.
Pour cela, je vous invite à consulter la rubrique (voir rubrique NOS CHEVAUX).




                              Bernard COSSET-KLENCK.


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Dernière mise à jour le mercredi 25 juin 2014